LA fusion
4 février 2008
Pour ceux qui ne le savent pas, Microsoft a déposé vendredi dernier une offre d’achat non solicitée de Yahoo. Tout le monde en parle. Eh bien, moi aussi. Tant qu’à laisser un commentaire fleuve sur le billet de Jonathan, j’ai décidé d’en faire une billet.
Oui, Google détient la majorité des parts de marché de la recherche sur le Web. Possiblement trop. Cependant, Google, c’est plus que de la recherche. Beaucoup plus!
Le véritable problème, étrangement, c’est que Microsoft aussi. Elle a déjà une emprise malsaine sur les postes de travail à travers le monde et tente depuis plusieurs années de conquérir Internet à grand coup de technologies propriétaires. Heureusement, jusqu’à maintenant, elle a eu peu de succès. Ou, du moins, pas autant qu’elle aurait espéré. Des joueurs comme Google et Yahoo ont réussi (dans une certaine mesure, on s’entend) à faire valoir davantage les valeurs du Web que sont la collaboration, le partage et l’ouverture.
Pour ne donner qu’un seul exemple, Yahoo est la plus grande utilisatrice de PHP, un langage libre et ouvert qui est un des principaux concurrents de la plateforme de développement .Net de Microsoft. Que pensez-vous que fera Microsoft? Au mieux, elle entretiendra une concurrence factice pour justifier le développement de leur propre technologie.
Par malchance, la pionnière du Web qu’est Yahoo s’est retrouvée avec, disons, certains problèmes de gestion interne, d’absence de vision porteuse. Il n’en reste pas moins que Yahoo est une boîte immensément talentueuse et innovatrice.
Ma crainte est que Microsoft tue involontairement (ou même volontairement) cet «esprit du Web» chez les gens de Yahoo. Déjà, plusieurs se rebellent à l’interne.
Personnellement, je suis tout à fait d’accord qu’il est souhaitable que plus d’un géant se séparent les parts de marché du Web. C’est, en quelque sorte, une assurance pour les centaines de millions d’utilisateurs. Mais, je préfèrerais qu’il y en ait justement plus de deux. En effet, cette fusion entrainerait une polarisation des visions du Web qui, au bout du compte, ne résulterait qu’en un seul gagnant. Qui? Ça reste à voir. Mais je parierais sur Google.
Ainsi, qu’on craigne ou non Google, qu’on admire ou déteste Microsoft, je crois que rien de bon ne sortirait de cette fusion.


