Note: Ce billet a été rédigé dans le cadre du cours e-marketing et CRM (commentaire no 1). Même si vous ne suivez pas ce cours, vous êtes cordialement invité à lire ce billet tout à fait dans la lignée du contenu habituel de mon blogue.

La venue d’Internet a changé le monde. Il est même difficile d’en mesurer toute l’ampleur. L’information circule plus librement et, par le fait même, est devenue beaucoup plus accessible; les limites de la créativité se sont grandement élargies comme les possibilités de collaboration; de nouvelles formes de communications sont apparues et d’autres tendent à diminuer d’importance; les interactions entre individus et organisations sont en pleine mutation et, bien sûr, les opportunités d’affaires se sont multipliées.

Par contre, la venue d’Internet n’a pas tout changé. Les humains sont restés humains. Nous n’avons pas changé nos habitudes du jour au lendemain seulement parce que de nouvelles possibilités sont apparues. Notre besoin de concret, de contact humain, de toucher, de sentir, de voir de nos propres yeux sont toujours présents. De même, pour les organisations, toute structure ou méthode éprouvée n’est pas à rejeter du revers de la main.

En fait, la progression d’Internet fut tellement fulgurante qu’elle a dépassé la capacité d’adaptation de la société. Mais, il ne faut pas nier non plus que la société a évolué et qu’elle évolue constamment. J’oserais même dire qu’elle évolue plus rapidement que jamais.

Ainsi, les entreprises doivent impérativement ajuster leurs stratégies, tout en restant prudentes et réalistes. Contrairement à ce qu’on pourrait le croire, Internet rend les affaires de plus en plus proche de l’humain. Ceci dit, il est loin d’être aisé, pour les gestionnaires d’aujourd’hui, de rester à jour face à ces nouvelles réalités et, surtout, aux changements continuels.

En tant que défenseur des droits des utilisateurs, je suis constamment partagé entre le vif intérêt que j’éprouve pour les avancées technologiques, communicationnelles et sociales vers lesquelles nous nous dirigeons à toute allure et le possible danger que tout dérape. Notamment, les possibilités du partage de données et du Web ambiant sont à la fois fantastiques et risquées: disparition de la vie privée, dépendance à la technologie, aux données, à certaines organisations…

Ce vidéo d’anticipation, bien qu’un peu alarmiste, illustre de façon intéressante ce futur «possible»:


Life 2.0
envoyé par manukeo

Bien qu’un peu inquiet, je suis optimiste quant à la capacité de l’être humain de se prendre en mains et à ne pas tomber dans ces pièges. Il n’y a qu’à considérer l’ensemble des mouvements qui apparaissent partout autour du monde afin d’aider son prochain, de surveiller les abus et d’améliorer le monde pour se remonter le moral et reprendre confiance:

Livrel

17 janvier 2008

Depuis plusieurs mois déjà, mon ami Hugo et moi entretenons une discussion des plus intéressantes sur l’impact de la révolution numérique et de la venue de la société de l’information sur les droits d’auteur. Suite à la dégringolade de l’industrie du disque, nous nous sommes penchés sur la possible répétition du phénomène à l’endroit du monde du livre. Avant même la fameuse sortie du Kindle d’Amazon, Hugo était plutôt sceptique quant à une éventuelle adoption d’un quelconque format de livrel (livre électronique) par le grand public. De mon côté, j’y vois une fin inévitable.

Voilà qu’une citation récente de Steve Jobs a relancé notre débat.

Hugo

Monsieur Jobs est encore plus pessimiste que moi quant à l’avenir du livrel:

Today he had a wide range of observations on the industry, including the Amazon Kindle book reader, which he said would go nowhere largely because Americans have stopped reading.

“It doesn’t matter how good or bad the product is, the fact is that people don’t read anymore,” he said. “Forty percent of the people in the U.S. read one book or less last year. The whole conception is flawed at the top because people don’t read anymore.”

http://bits.blogs.nytimes.com/2008/01/15/the-passion-of-steve-jobs/

Ceci dit, je ne suis pas sûr que la statistique dont il se sert soit si pertinente que ça:

  1. 40% de la population américaine qui a lu un livre ou moins en 2007, est-ce une diminution ou une augmentation? Y a-t-il déjà eu dans l’histoire plus de 60% de lecteurs dans la population au grand complet?
  2. Quel créneau vise Amazon avec le Kindle? La population au grand complet, ou une minorité éduquée et financièrement à l’aise?

Simon

Et lire, ce n’est pas seulement lire des livres. Que fait-on de la translitteratie?

On lit plus que jamais!

J’aimerais bien savoir ce que Jobs pense du succès d’Amazon. Un soubresaut historique?

Je ne crois pas à la disparition du livre en tant que support car, contrairement à la musique, la naissance de la lecture est directement liée à son support, lequel est ancré dans les mœurs depuis des millénaires. Pas opposition, la musique sur support a une centaine d’années seulement. Cependant, on ne peut plus nier l’indépendance qu’a acquise l’écriture vis-à-vis le papier. La progression du sans-fil, le perfectionnement des interfaces, la prolifération des terminaux mobiles, l’amélioration des écrans va amener inévitablement, mais lentement, les lecteurs à délaisser le papier. Le livre comme objet de plaisir va rester. Mais, le livre comme source d’information est en déclin. Il ne faut pas oublier qu’il ne s’est jamais publié autant de texte qu’en ce moment et qu’une très grande proportion de ces textes ne se retrouvera jamais sur du papier.

Hugo

On est d’accord sur un point: à la limite, ce n’est pas la lecture mais le livre qui recule (ou qui stagne) face à la multiplication des canaux de diffusion d’information.

Je ne suis pas certain pour autant que le recul du papier va être intégral et inéluctable. À mon avis, le papier va demeurer prépondérant pour certaines applications, comme la lecture de textes longs (notamment pour le divertissement). Et puis, peut-être qu’un jour les nouveaux dispositifs d’affichage, comme l’E Ink du Kindle, vont avoir suffisamment maturé et évolué pour constituer une réelle alternative au papier, mais en attendant, la plupart des sites de quotidiens ou de publications spécialisés ajoutent des boutons «imprimer» à leurs articles, ergonomie oblige…

Je ne suis pas certain non plus que le modèle radicalement DRM-isé d’Amazon (et des autres diffuseurs) va demeurer la norme, à long terme. L’un des intérêts du livre, au-delà de sa portabilité, c’est sa partageabilité — caractéristique essentielle au phénomène profondément humain du partage de la connaissance et de l’expérience. Information wants to be free. Sans oublier que la partageabilité est profitable dans la mesure où elle accroît la visibilité des auteurs et des éditeurs (cf. la découverte de nouveaux groupes de musique via le téléchargement).

Et tout ça, c’est sans compter, comme tu le soulignes, le côté «anthopologique», voire folklorique, du livre en tant qu’objet. Si on fabrique encore des 33 tours en vinyle pour les amateurs, on va bien continuer à imprimer des livres pendant quelques décennies aussi… Surtout si les lecteurs «vieille école» (j’allais écrire «luddites») comme moi persistent dans leur refus de la lecture électronique. La qualité de l’expérience de la lecture (au sens UxD du terme) tient bien entendu surtout au texte (ce qui est transmis) mais aussi en partie au livre (le vecteur de transmission). À preuve, on préfère généralement les éditions cartonnées aux éditions de poche, ne serait-ce que pour le poids de l’objet, la qualité de son papier et de sa colle, la souplesse de sa reliure… De la même façon que la plupart des gens préfèrent payer plus cher pour voir un film au cinéma que l’attendre sur DVD (ou même que le télécharger gratos). L’expérience est difficilement remplaçable.

Simon

On est d’accord sur plusieurs points:

  • Ce n’est pas la lecture qui recule, mais le livre
  • La multiplication des canaux de diffusion et d’information en est une des principales causes
  • Ce n’est pas la fin du papier, de par ses aspects culturels et expérientiels
  • La technologie qui remplacera le livre au niveau de l’expérience utilisateur n’existe pas encore (le Kindle est à chier!)
  • D’importants changements sociaux (par ailleurs inévitables), notamment en lien avec la question des droits d’auteurs et donc de la partageabilité, sont conditionnels au succès du livrel ou de tout autre principe de distribution numérique des livres (foutus DRM!)

Finalement, notre principal point de désaccord est au niveau de la rapidité du phénomène.

Qu’en pensez-vous?

Mercredi dernier, j’ai donné une formation aux employés d’Option-Travail, un organisme d’aide à l’emploi de Sainte-Foy. Mon objectif était de leur faire comprendre la nouvelle réalité de l’identité numérique tout en leur faisant prendre conscience de la possibilité, de la pertinence et même de l’importance de gérer cette identité à des fins professionnelles, notamment aux moyens des blogues et des réseaux sociaux.

J’en ai profité pour parler de ma propre expérience.

Ce fut, au moins pour moi, une expérience très agréable! Ayant principalement une clientèle jeune, l’exercice était très pertinent pour cette organisation. J’espère avoir au moins éveillé une certaine prise de conscience de ce phénomène social chez mes très attentifs auditeurs.

S’il y a des intéressés, je suis tout à fait ouvert à donner d’autres formations ou conférences.

Voici le document de ma présentation.

Biddy-Biddy-Boop

23 novembre 2007

L’utilisabilité, ça touche aussi les sons.

En voici d’ailleurs une très belle démonstration de Google.

Essayez pour voir. Euh… entendre. C’est gratuit.

1 800 GOOG-411

Vol de temps

23 novembre 2007

(Pour les visiteurs directement venus de Google: oui, ce billet contient le mot « fesses », mais vous allez être déçus.)

Euh…

Est-ce qu’un employé qui appelle sa blonde ou qui raconte une blague de fesses à son collègue doit être congédié? En fait, il utilise du temps et des ressources de son employeur.

Il est plus que temps que les politiciens, les employeurs et la population en général entâment une profonde réflexion sur le véritable sens de vie privée, de productivité et ajustent leur interprétation de la relation employeur-employés en cette ère de la société de l’information.

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