Trop souvent, je suis confronté à des clients, et même à des employeurs, qui croient que tout sur le Web doit être fait rapidement. Car, on le sait, le Web, ça va vite. « Je veux un site Web dans un mois. » « Produit moi tel livrable pour vendredi. » Ils n’ont pas tort. Mais ils n’ont pas tout à fait raison. Oui, tout se déroule à une vitesse folle sur le Web. Une grosse entreprise achète une petite entreprise, une nouvelle technologie apparaît, une autre n’est plus « tendance »… Je suis très bien placé pour le savoir. Ceci dit, c’est un média trop complexe, il y a trop de facteurs à considérer, pour se lancer dans un projet Web sans préparation et sans stratégie. Et, oui, la réflexion, ça prend du temps.

Il ne suffit pas d’être présent, d’avoir sa pancarte sur le bord de l’autoroute, pour se garantir un certain niveau d’efficacité.

Malheureusement, je ne suis pas très vendeur et j’ai parfois de la difficulté à bien faire comprendre rapidement mon point de vue sur les bienfaits de l’analyse préliminaire, la stratégie d’analyse de performance, la conception centrée sur l’utilisateur, l’optimisation pour les moteurs de recherche, la veille, le marketing social, l’amélioration continue…

Bien des sites Web sont conçus par des chaînes de production s’apparentant à des usines numériques. « On veut un site Web, point! » Vous voulez un site Web ou vous voulez que votre entreprise soit encore rentable dans cinq ans?

C’est ainsi que je livre mon combat quotidiennement. Mais, soyez sans crainte, je ne me battrais pas si je n’avais pas espoir!

Le règne absolu de l’écran, du clavier et de la souris comme moyen de communiquer avec la machine tire à sa fin. Qu’est-ce qui les remplacera? La réponse n’est pas unique.

En même temps que la quantité d’interactions entre les humains et les machines, les types d’interfaces nécessaires à ces interactions se multiplient à une vitesse folle. On n’a qu’à penser à l’écran tactile du iPhone et à la manette de la console Wii qui réagit aux mouvements pour s’en convaincre. Ainsi, les moyens dépassent en nombre les tâches à accomplir.

Est-ce que tout cela va trop vite? Ne change-t-on pas nos pratiques plus vite que notre capacité d’adaptation le permet? Je pense qu’il y a tout lieu de se poser ces questions.

Si on pense seulement aux différentes façons de se connecter à Internet – le classique navigateur, les fils RSS, les widgets, les RIA… – l’internaute moyen a de quoi en perdre son latin! Somme-nous réellement à la recherche d’efficacité ou sommes-nous simplement friands de nouveautés? La multiplication des types d’interfaces n’est-elle pas plutôt la conséquence d’une banale quête de parts de marché?

Cette course à la nouveauté cause directement et indirectement bien des soucis. La capacité d’adaptation à un nouvel outil numérique d’un individu ou d’une organisation est nécessairement limitée par certains facteurs économiques, physiques ou même cognitifs. S’ensuit donc inévitablement un clivage entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, ou plutôt entre ceux qui veulent et peuvent apprendre et ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas. Ceci est sans compter le coût énergétique – surtout en terme d’efforts humains – de l’appropriation d’un nouveau type d’interface.

Tous ces changements rapides sont loin d’être négatifs. Mais, réalistement, il faudra atteindre un équilibre entre la vitesse d’innovation et celle de l’appropriation sociale de nouveaux modes d’interactions homme-machine si on ne veut pas créer de trop grandes disparités. Avez-vous magasiné une télévision dernièrement? Il y a de quoi perdre la tête à essayer de comprendre les différentes résolutions disponibles et de faire fonctionner le tout avec son lecteur de disques et son terminal de télévision.

Une évolution trop rapide tue l’évolution.

Mais, comment peut-on en arriver à une certaine standardisation des types d’interfaces? Comment peut-on créer un certain équilibre entre innovation et productivité?

Ce sont quelques-unes des questions que je me pose en ce moment. C’est passionnant de voir tout ça aller, mais ce n’est pas évident de conseiller et de créer dans ce maelström.

Ce billet se veut une réponse au billet de mon ami Michaël, virulent critique de Facebook, qui, dans son immense bonté, cherche à savoir ce qu’on peut bien y trouver d’intéressant.

D’abord, je trouve bien drôle le fait de prétendre que Facebook est inutile, voire nuisible, en se basant sur l’affirmation que si on veut jaser avec des amis, on n’a qu’à aller au bar. Tant qu’à y être, la télévision et le téléphone sont tout aussi inutiles car il y a les journaux et la poste. Tous ces moyens de communication ont pourtant leur utilité et coexistent très bien. D’ailleurs, Facebook n’est pas réellement une innovation technologique au même titre que le téléphone a pu l’être par rapport à la poste.

C’est ni plus ni moins une plateforme de socialisation, avec tous les bienfaits et les problèmes que ceci peut impliquer.

De fait, Facebook est très loin d’être parfait. Je n’énumèrerai pas ici les très nombreuses critiques qu’on peut lui faire. C’est, à mon avis, le signe de son immaturité. Mais aussi, une certaine réticence à une nouvelle réalité. Ceci n’empêche pas ce réseau social d’être intéressant de plusieurs façons.

Notamment, Facebook témoigne d’une tendance sociale importante: le partage volontaire d’informations personnelles. C’est un signe d’un désir d’ouverture et d’authenticité de la population en général, issu de la croissance d’Internet. En effet, la solidité d’Internet repose sur la crédibilité des différents intervenants et cette crédibilité implique la transparence, car on craint ce qu’on ne connaît pas, on ne veut pas qu’une seule entité contrôle toute l’information. Ceci explique donc le phénomène des «lifelogs»: affichage publique de ce qu’on fait, ce qui nous arrive, comment on se sent sous la forme de fils d’informations. La réputation d’une personne ou d’une entreprise repose donc en grande partie sur la quantité de données disponibles sur celle-ci, autant que sur la qualité de ces données. Facebook exploite assez bien cette vision au grand dam de certains. Évidemment, cette relative impudeur suscite des réactions. Il importe donc plus que jamais de se pencher sur des questions critiques comme la vie privée et le contrôle de l’information.

À ceci s’ajoute ce que j’appelle le microblogging. Hybride entre la messagerie instantanée et le blogue, ce moyen de communication qui étonne à première vue gagne énormément en popularité. D’ailleurs, les outils à la Twitter, pionnier du microblogging, pullulent. Dans Facebook, cette fonctionnalité est incarnée par le statut personnel. On peut ainsi laisser de brefs messages sur ce qu’on est en train de faire ou partager notre opinion à la terre entière. C’est, encore une fois, la manifestation d’un nouveau moyen d’expression qui nécessite une période d’appropriation sociale.

Finalement, la plus grande innovation, à mon avis, tiens des applications sociales. Tout un chacun peut expérimenter voire créer de nouvelles façons d’interagir avec les autres.

Le principal reproche que je peux faire à Facebook est la volonté malsaine de ses dirigeants de vouloir monétiser à tout prix ces relations. On s’aperçoit rapidement, par contre, que toutes leurs tentatives sont vouées à l’échec. La plateforme ne leur appartient plus vraiment. Ce sont les utilisateurs qui contrôlent. C’est peut-être même ce qui entraînera la chute du réseau à terme.

Ceci dit, le phénomène des réseaux sociaux continuera à s’implanter de plus en plus et sous diverses formes. Peut-être que tout ceci aboutira à une plateforme ouverte et libre où chacun sera propriétaire de son contenu et responsable de ses actes.

En fin de compte, Facebook ne remplace rien. Ce n’est qu’un nouvel outil comme il en apparaît d’autres à tous les jours.

Et ceux qui se plaignent de devoir être ami avec de vieilles connaissances obscures, ayez le courage de leur dire que vous ne voulez rien savoir d’eux ou bloquez les informations que vous leur partagez. Désormais, les relations humaines ne se définissent plus en termes de distance spatiale ou temporelle, mais bien en fonction des intérêts ou des similitudes.

Le point

10 mars 2008

  • Maison: 9 jours après le dégât d’eau, les inspecteurs, évaluateurs, estimateurs et autres experts « pré-action » ont fini de faire plusieurs fois le tour de ma maison. Les travaux ont pu commencer. Le plus pénible, ce n’est pas le dégât lui-même, c’est la négociation avec les assurances.
  • Anniversaire: Je frôle la trentaine. Bof, j’ai déjà des rides et des cheveux blancs. Belle occasion, par contre, pour me doter d’un iPod Touch. Je plonge enfin véritablement dans l’univers du Web mobile!
  • Emploi: Pas de niaisage! J’ai un nouvel emploi! Je suis désormais architecte de l’information chez Nurun. Meilleure fonction, meilleures conditions, meilleure vision d’entreprise, meilleurs défis… Bref, je suis content! Merci à tous ceux qui se sont préoccupés de mon sort!

En tant que défenseur des droits des utilisateurs, je suis constamment partagé entre le vif intérêt que j’éprouve pour les avancées technologiques, communicationnelles et sociales vers lesquelles nous nous dirigeons à toute allure et le possible danger que tout dérape. Notamment, les possibilités du partage de données et du Web ambiant sont à la fois fantastiques et risquées: disparition de la vie privée, dépendance à la technologie, aux données, à certaines organisations…

Ce vidéo d’anticipation, bien qu’un peu alarmiste, illustre de façon intéressante ce futur «possible»:


Life 2.0
envoyé par manukeo

Bien qu’un peu inquiet, je suis optimiste quant à la capacité de l’être humain de se prendre en mains et à ne pas tomber dans ces pièges. Il n’y a qu’à considérer l’ensemble des mouvements qui apparaissent partout autour du monde afin d’aider son prochain, de surveiller les abus et d’améliorer le monde pour se remonter le moral et reprendre confiance:

Livrel

17 janvier 2008

Depuis plusieurs mois déjà, mon ami Hugo et moi entretenons une discussion des plus intéressantes sur l’impact de la révolution numérique et de la venue de la société de l’information sur les droits d’auteur. Suite à la dégringolade de l’industrie du disque, nous nous sommes penchés sur la possible répétition du phénomène à l’endroit du monde du livre. Avant même la fameuse sortie du Kindle d’Amazon, Hugo était plutôt sceptique quant à une éventuelle adoption d’un quelconque format de livrel (livre électronique) par le grand public. De mon côté, j’y vois une fin inévitable.

Voilà qu’une citation récente de Steve Jobs a relancé notre débat.

Hugo

Monsieur Jobs est encore plus pessimiste que moi quant à l’avenir du livrel:

Today he had a wide range of observations on the industry, including the Amazon Kindle book reader, which he said would go nowhere largely because Americans have stopped reading.

“It doesn’t matter how good or bad the product is, the fact is that people don’t read anymore,” he said. “Forty percent of the people in the U.S. read one book or less last year. The whole conception is flawed at the top because people don’t read anymore.”

http://bits.blogs.nytimes.com/2008/01/15/the-passion-of-steve-jobs/

Ceci dit, je ne suis pas sûr que la statistique dont il se sert soit si pertinente que ça:

  1. 40% de la population américaine qui a lu un livre ou moins en 2007, est-ce une diminution ou une augmentation? Y a-t-il déjà eu dans l’histoire plus de 60% de lecteurs dans la population au grand complet?
  2. Quel créneau vise Amazon avec le Kindle? La population au grand complet, ou une minorité éduquée et financièrement à l’aise?

Simon

Et lire, ce n’est pas seulement lire des livres. Que fait-on de la translitteratie?

On lit plus que jamais!

J’aimerais bien savoir ce que Jobs pense du succès d’Amazon. Un soubresaut historique?

Je ne crois pas à la disparition du livre en tant que support car, contrairement à la musique, la naissance de la lecture est directement liée à son support, lequel est ancré dans les mœurs depuis des millénaires. Pas opposition, la musique sur support a une centaine d’années seulement. Cependant, on ne peut plus nier l’indépendance qu’a acquise l’écriture vis-à-vis le papier. La progression du sans-fil, le perfectionnement des interfaces, la prolifération des terminaux mobiles, l’amélioration des écrans va amener inévitablement, mais lentement, les lecteurs à délaisser le papier. Le livre comme objet de plaisir va rester. Mais, le livre comme source d’information est en déclin. Il ne faut pas oublier qu’il ne s’est jamais publié autant de texte qu’en ce moment et qu’une très grande proportion de ces textes ne se retrouvera jamais sur du papier.

Hugo

On est d’accord sur un point: à la limite, ce n’est pas la lecture mais le livre qui recule (ou qui stagne) face à la multiplication des canaux de diffusion d’information.

Je ne suis pas certain pour autant que le recul du papier va être intégral et inéluctable. À mon avis, le papier va demeurer prépondérant pour certaines applications, comme la lecture de textes longs (notamment pour le divertissement). Et puis, peut-être qu’un jour les nouveaux dispositifs d’affichage, comme l’E Ink du Kindle, vont avoir suffisamment maturé et évolué pour constituer une réelle alternative au papier, mais en attendant, la plupart des sites de quotidiens ou de publications spécialisés ajoutent des boutons «imprimer» à leurs articles, ergonomie oblige…

Je ne suis pas certain non plus que le modèle radicalement DRM-isé d’Amazon (et des autres diffuseurs) va demeurer la norme, à long terme. L’un des intérêts du livre, au-delà de sa portabilité, c’est sa partageabilité — caractéristique essentielle au phénomène profondément humain du partage de la connaissance et de l’expérience. Information wants to be free. Sans oublier que la partageabilité est profitable dans la mesure où elle accroît la visibilité des auteurs et des éditeurs (cf. la découverte de nouveaux groupes de musique via le téléchargement).

Et tout ça, c’est sans compter, comme tu le soulignes, le côté «anthopologique», voire folklorique, du livre en tant qu’objet. Si on fabrique encore des 33 tours en vinyle pour les amateurs, on va bien continuer à imprimer des livres pendant quelques décennies aussi… Surtout si les lecteurs «vieille école» (j’allais écrire «luddites») comme moi persistent dans leur refus de la lecture électronique. La qualité de l’expérience de la lecture (au sens UxD du terme) tient bien entendu surtout au texte (ce qui est transmis) mais aussi en partie au livre (le vecteur de transmission). À preuve, on préfère généralement les éditions cartonnées aux éditions de poche, ne serait-ce que pour le poids de l’objet, la qualité de son papier et de sa colle, la souplesse de sa reliure… De la même façon que la plupart des gens préfèrent payer plus cher pour voir un film au cinéma que l’attendre sur DVD (ou même que le télécharger gratos). L’expérience est difficilement remplaçable.

Simon

On est d’accord sur plusieurs points:

  • Ce n’est pas la lecture qui recule, mais le livre
  • La multiplication des canaux de diffusion et d’information en est une des principales causes
  • Ce n’est pas la fin du papier, de par ses aspects culturels et expérientiels
  • La technologie qui remplacera le livre au niveau de l’expérience utilisateur n’existe pas encore (le Kindle est à chier!)
  • D’importants changements sociaux (par ailleurs inévitables), notamment en lien avec la question des droits d’auteurs et donc de la partageabilité, sont conditionnels au succès du livrel ou de tout autre principe de distribution numérique des livres (foutus DRM!)

Finalement, notre principal point de désaccord est au niveau de la rapidité du phénomène.

Qu’en pensez-vous?

Le temps ou la température

17 décembre 2007

Dans quelle société mal foutue vivons-nous!

Québec est probablement la ville d’importance dont les températures hivernales sont les plus faibles et dont les précipitations de neige sont les plus grandes du monde entier. Pourtant, à chaque bordée de neige, c’est la panique! Vite! Il faut pelleter, gratter pour ne pas être en retard! On chiâle contre les équipes de déneigement qui ne sont pas assez rapides et contre les écoles qui ferment.

Pourquoi ne pas vivre en fonction de la température plutôt qu’en fonction du temps qui s’écoule?

Ce matin encore, ma blonde, qui s’est rendue de peine et de misère au bureau, a été témoin du résultat tragique de cette mentalité: un accident grave impliquant plusieurs voitures sur l’autoroute.

Et après ça, on apprend que plusieurs écoles restent ouvertes. Pourquoi? Pour ne pas épuiser trop rapidement leur quota de congés planifiés!

Il n’y a pas longtemps, j’avais une discussion avec un ami à propos de nos ancêtres, pour la plupart cultivateurs, qui, disions-nous, semblaient beaucoup plus productifs et résistants que nous. Pourtant, ils adaptaient naturellement leurs efforts en fonction des conditions météo, des besoins, des autres. Que faisaient-ils l’hiver? De menus travaux pour se préparer à l’été et, surtout, ils savaient se reposer, prendre du temps en famille.

Pas si étonnant qu’aujourd’hui on soit confronté à tant d’allergies, de cancers, de dépressions…

On ne devrait pas risquer sa vie, sa santé, sa famille pour le travail. Mais, on ne s’écoute plus. On ne vit qu’au rythme du tic tac des secondes qui s’égrainent et du cliquetis de l’argent qui passe de mains en mains.

Biddy-Biddy-Boop

23 novembre 2007

L’utilisabilité, ça touche aussi les sons.

En voici d’ailleurs une très belle démonstration de Google.

Essayez pour voir. Euh… entendre. C’est gratuit.

1 800 GOOG-411

Vol de temps

23 novembre 2007

(Pour les visiteurs directement venus de Google: oui, ce billet contient le mot « fesses », mais vous allez être déçus.)

Euh…

Est-ce qu’un employé qui appelle sa blonde ou qui raconte une blague de fesses à son collègue doit être congédié? En fait, il utilise du temps et des ressources de son employeur.

Il est plus que temps que les politiciens, les employeurs et la population en général entâment une profonde réflexion sur le véritable sens de vie privée, de productivité et ajustent leur interprétation de la relation employeur-employés en cette ère de la société de l’information.

Anthropomorphisme

25 septembre 2007

J’ai toujours été fasciné par la tendance qu’a l’être humain à attribuer à ce qui l’entoure des caractéristiques humaines. Pour preuve, dans la littérature, on fait régulièrement parler des animaux ou même des objets. Et c’est sans parler du fait qu’on leur rajoute un visage, des comportements et des mouvements typiques à l’homme.

C’est pourquoi j’ai été vraiment charmé de découvrir le blogue Faces in Places.

Robo panic

Comme le montre bien cette image d’un robot pris de panique (eh oui, regardez bien), on y présente des photos tirées du quotidien qui témoigne de la vision très orientée vers nous-mêmes, les humains, que nous avons du monde.

C’est très instructif et surtout rigolo!

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