Est-ce une banale erreur des rédacteurs? Ou est-ce plutôt un détournement volontaire du sens d’une expression à des fins marketing?

Une chose est certaine, Apple dit vraiment n’importe quoi dans ce communiqué de presse. “Apple® today announced that its revolutionary iPhone™ will run applications created with Web 2.0 Internet standards…” Combien de fois faudra-t-il le répéter: le Web 2.0 n’est pas une norme, encore moins une technologie!

En fait, c’est une expression qui sert seulement à représenter le concept, plutôt vague, mais utile, d’une tendance que prend actuellement le très vaste monde du Web. On y englobe notamment le fait que les utilisateurs prennent un rôle de plus en plus important en participant, par exemple, à la création de contenu et à cause de la place grandissante qu’occupe les communautés d’internautes. Aussi, et c’est souvent la source du problème, le Web 2.0 est associé à l’apparition d’applications et de sites Web qui disposent d’interfaces riches et améliorent l’expérience utilisateur, par l’utilisation, entres autres, de la technique AJAX (encore une fois, ce n’est pas une technologie) ou de Flash.

Ce qu’on veut dire dans ce communiqué, c’est que les sites et applications Web développés selon ces techniques seront supportés par l’iPhone comme ils le sont sur n’importe quel navigateur (moderne), puisque, de toute façon, c’est le même navigateur, en l’occurence Safari, qui se retrouve sur les ordinateurs traditionnels comme sur l’iPhone. C’est tout.

On a énormément déploré (et on déplore encore) l’utilisation de cette expression qui sous-entend l’existence d’un Web 1.0, que le Web 2.0 est une technologie quelconque ou encore simplement qu’il défini quelque chose de précis. Par contre, il faut lui accorder son immense pouvoir marketing.

On lit des tonnes d’articles dans des magazines et des sites Web de toutes sortes qui reprennent le concept à tort et à travers. Mais, je ne pensais pas qu’une compagnie aussi respectable et respectée qu’Apple pourrait aussi grossièrement encourager la confusion.

Comme le montre bien cet article, il est de plus en plus possible, facile et pratique de se passer des fonctionnalités d’un système d’exploitation tel que Windows, Mac OS X ou Linux. En effet, le navigateur joue de plus en plus le rôle d’environnement d’exécution d’applications Web riches. On n’a qu’à penser aux outils de Google (Gmail, Google Document et tableur, Google Reader) pour s’en convaincre. Cette compagnie, d’ailleurs, ne se cache pas de vouloir ravir une bonne part de marché aux logiciels de bureau traditionnels.

L’avenir est au client léger. C’est à dire que les ordinateurs, comme on les connaît aujourd’hui, vont de plus en plus servir de terminaux d’accès aux données et applications qui sont directement sur le Web, au même titre que n’importe quelle plateforme d’accès tel que les téléphones cellulaires, les ordinateurs de poche et même ma Wii! ;)

De nombreux exemples en témoignent.

J’y reviendrai.

Gapminder

1 novembre 2006

Voici une initiative remarquable à la fois des points de vue humain, de la représentation visuelle de données et des interfaces riches.

Hans Rosling est un professeur d’université suédois qui a fondé l’organisme Gapminder dont la vision est la suivante: «Making sense of the world by having fun with statistics». Ils développent des logiciels et des présentations qui permettent de mieux comprendre le monde de façon amusante avec l’aide des multiples données qui existent, mais qui, trop souvent, sont peu accessibles par manque de volonté ou de par leur caractère repoussant.

Le Gapminder World est un outil développé par cette organisme, et présenté par Google, qui permet, d’une façon fascinante, de découvrir les grands enjeux du monde dans lequel nous vivons en comparant chaque pays ou continents, par rapport à une foule d’indicateurs et à travers le temps. Le tout est harmonieusement présenté dans une interface en Flash. Utiliser cet outil est un plaisir ludique autant qu’intellectuel!

Je vous invite également à savourer la présentation très intéressante qu’il a fait lors de l’événement TED 2006.