Avec les lancements quasi simultanées, hier, de Google Friend Connect et de Facebook Connect, la portabilité des données personnelles est vraiment d’actualité. Les réseaux sociaux dépassent maintenant les limites de leurs sites respectifs pour tranquillement mais surement nous suivrent à travers les autres sites sur lesquels nous naviguons.

Voici un aperçu de ce que nous promet cette nouvelle ère du partage de l’information. Cette présentation a été réalisée par des membres de l’équipe de Razorfish, une des plus « vieilles » agences Web.

Véritable révolution ou simple progression de l’emprise de la pieuvre « sociale » sur nos identités?

Ce billet se veut une réponse au billet de mon ami Michaël, virulent critique de Facebook, qui, dans son immense bonté, cherche à savoir ce qu’on peut bien y trouver d’intéressant.

D’abord, je trouve bien drôle le fait de prétendre que Facebook est inutile, voire nuisible, en se basant sur l’affirmation que si on veut jaser avec des amis, on n’a qu’à aller au bar. Tant qu’à y être, la télévision et le téléphone sont tout aussi inutiles car il y a les journaux et la poste. Tous ces moyens de communication ont pourtant leur utilité et coexistent très bien. D’ailleurs, Facebook n’est pas réellement une innovation technologique au même titre que le téléphone a pu l’être par rapport à la poste.

C’est ni plus ni moins une plateforme de socialisation, avec tous les bienfaits et les problèmes que ceci peut impliquer.

De fait, Facebook est très loin d’être parfait. Je n’énumèrerai pas ici les très nombreuses critiques qu’on peut lui faire. C’est, à mon avis, le signe de son immaturité. Mais aussi, une certaine réticence à une nouvelle réalité. Ceci n’empêche pas ce réseau social d’être intéressant de plusieurs façons.

Notamment, Facebook témoigne d’une tendance sociale importante: le partage volontaire d’informations personnelles. C’est un signe d’un désir d’ouverture et d’authenticité de la population en général, issu de la croissance d’Internet. En effet, la solidité d’Internet repose sur la crédibilité des différents intervenants et cette crédibilité implique la transparence, car on craint ce qu’on ne connaît pas, on ne veut pas qu’une seule entité contrôle toute l’information. Ceci explique donc le phénomène des «lifelogs»: affichage publique de ce qu’on fait, ce qui nous arrive, comment on se sent sous la forme de fils d’informations. La réputation d’une personne ou d’une entreprise repose donc en grande partie sur la quantité de données disponibles sur celle-ci, autant que sur la qualité de ces données. Facebook exploite assez bien cette vision au grand dam de certains. Évidemment, cette relative impudeur suscite des réactions. Il importe donc plus que jamais de se pencher sur des questions critiques comme la vie privée et le contrôle de l’information.

À ceci s’ajoute ce que j’appelle le microblogging. Hybride entre la messagerie instantanée et le blogue, ce moyen de communication qui étonne à première vue gagne énormément en popularité. D’ailleurs, les outils à la Twitter, pionnier du microblogging, pullulent. Dans Facebook, cette fonctionnalité est incarnée par le statut personnel. On peut ainsi laisser de brefs messages sur ce qu’on est en train de faire ou partager notre opinion à la terre entière. C’est, encore une fois, la manifestation d’un nouveau moyen d’expression qui nécessite une période d’appropriation sociale.

Finalement, la plus grande innovation, à mon avis, tiens des applications sociales. Tout un chacun peut expérimenter voire créer de nouvelles façons d’interagir avec les autres.

Le principal reproche que je peux faire à Facebook est la volonté malsaine de ses dirigeants de vouloir monétiser à tout prix ces relations. On s’aperçoit rapidement, par contre, que toutes leurs tentatives sont vouées à l’échec. La plateforme ne leur appartient plus vraiment. Ce sont les utilisateurs qui contrôlent. C’est peut-être même ce qui entraînera la chute du réseau à terme.

Ceci dit, le phénomène des réseaux sociaux continuera à s’implanter de plus en plus et sous diverses formes. Peut-être que tout ceci aboutira à une plateforme ouverte et libre où chacun sera propriétaire de son contenu et responsable de ses actes.

En fin de compte, Facebook ne remplace rien. Ce n’est qu’un nouvel outil comme il en apparaît d’autres à tous les jours.

Et ceux qui se plaignent de devoir être ami avec de vieilles connaissances obscures, ayez le courage de leur dire que vous ne voulez rien savoir d’eux ou bloquez les informations que vous leur partagez. Désormais, les relations humaines ne se définissent plus en termes de distance spatiale ou temporelle, mais bien en fonction des intérêts ou des similitudes.

Aujourd’hui, les géants Google et Facebook ont annoncé officiellement leur participation au DataPortability Workgroup!

Qu’est-ce que ça veut dire? Eh bien, le DataPortability Workgroup a pour objectif de favoriser le développement et l’adoption de standards ouverts de formats et de protocoles en lien avec les données personnelles, ceci dans le but de faciliter l’échange d’information entre les différents outils où un utilisateur peut partager ces données.

En ce moment, à chaque fois qu’on veut s’inscrire à un service Web, devenir membre d’un réseau social ou ouvrir un compte dans un site Web quelconque, il faut ajouter manuellement toutes les informations personnelles nous concernant. Dans un avenir rapproché, tous ces outils parleront le même langage et pourront échanger ces informations, avec le consentement de l’utilisateur, bien sûr. C’est ce qu’on nomme l’interopérabilité. Il pourrait donc être possible d’importer ses contacts Facebook dans son compte Gmail, par exemple.

Le temps des environnements fermés est donc révolu! Les possibilités qui s’ouvrent à nous sont énormes!

En contrepartie, il sera également plus facile d’accéder à des informations privées. Il faudra donc réfléchir à de nouveaux moyens de protections.

Pour ma part, je crois profondément que la notion même de vie privée est en pleine mutation.

Switch to our mobile site