Quelle semaine! Il y a de l’action! Je fais des propositions pour plein de projets, j’ai offert mes services à un nombre record d’entreprises, je suis convoqué à deux entrevues et on n’est qu’à la deuxième journée (enfin, journée ouvrée).

Dans ce billet, je tenais à me pencher sur une réalité trop souvent ignorée: le paradoxe de la recherche d’emploi.

Qu’est-ce que j’entends par là? Eh bien, comme vous le savez, la recherche d’emploi est une situation temporaire, bien que potentiellement récursive, dans la carrière complexe d’un travailleur contemporain. Et, pendant cette période, une personne se doit d’utiliser des compétences qui ne sont pas nécessairement propres à son domaine d’activité professionnel. C’est normal et c’est même souhaitable. La recherche d’emploi doit s’effectuer de façon active et, pourquoi pas, être l’occasion de se développer personnellement et professionnellement.

Par contre, le problème est, à mon sens, quand un chercheur d’emploi doit, pour se faire embaucher, faire preuve d’aptitudes qui n’ont aucun lien avec l’éventuel travail. Je pense, en particulier, aux talents de vendeurs qu’il faut très souvent mettre de l’avant auprès des employeurs. Je connais beaucoup de gens passionnés, qualifiés, compétents et humains qui ne sont nullement aptes à la vente. Ainsi, lorsque vient le temps de se présenter à un employeur potentiel, il leur est très difficile de mettre en valeur leur véritables forces. D’où le paradoxe.

Un employeur est un être humain (eh oui, même si j’en surprends peut-être plus d’un) et un être humain prend ses décision en fonction de ses émotions, quoi qu’on en dise. C’est pourquoi l’utilisation du marketing personnel, ou l’art de convaincre par les émotions, garde toute son importance. Cependant, le chercheur d’emploi est un être humain également. Toute personne n’étant pas égale, tous ne réussiront pas à convaincre. L’injustice tient du fait qu’il n’y a rien qui garantit que la personne la plus compétente pour le poste est la personne la plus convainquante.

J’invite donc les employeurs à reconsidérer leurs méthodes de sélection selon le profil véritablement recherché et non seulement selon le profil désiré, tout comme j’encourage les chercheurs d’emploi à développer leur petit côté vendeur. Car, même si cela peut être parfois perçu négativement, c’est une attitude fortement mise en valeur dans notre société.

3 Réponses à “Tribulations d’un chercheur d’emploi: chapitre 6”

  1. Michael Dit:

    En tant qu’employeur (et ancien employé), si je cherche un ingénieur qui travaillera toute sa vie dans un labo de recherche et développement, je ne considérerai que très peu sa capacité à se « vendre » personnellement et me préoccuperai davantage de ses compétences techniques. Et encore, s’il doit mener une équipe, j’y penserai.

    Tous les employeurs ne sont pas victimes de la bullshit servie en entrevue par certains candidats : certains sont dotés de discernement (j’en surprend peut-être plus d’un) et savent faire la différence entre 3 catégories de gens, et la multitude de degrés entre les 3 :
    • Un bullshiteur avec une grande gueule sans compétences techniques
    • Une personne très compétente techniquement mais qu’il est difficile de mettre en contact avec la clientèle
    • Un juste équilibre entre les deux : une personne compétente techniquement ET socialement.

    Même si certains processus d’embauche sont mal structurés, mal ficelés ou plus simplement mal foutus, dans l’ensemble je ne pense pas que ce soit une injustice que d’engager une personne qui sait convaincre mais plutôt une mauvaise perception de ce que sont les compétences nécessaires pour obtenir le poste.

    Si l’emploi visé en est un où le candidat doit être en contact régulièrement avec la clientèle, la capacité à convaincre et entrer en relation avec d’autres humains (ce que tu appelles « vendre ») fait autant partie des compétences essentielles que l’expertise technique.

    Si je cherchais un stratège Web (ou whatever le titre exact), je m’attendrais à ce qu’il soit capable de vendre ses idées aux clients qu’il rencontrera, de les convaincre et d’entrer en relation facilement et durablement avec eux. Il faut arrêter d’associer systématiquement les habiletés sociales et la vente à pression, et de dénigrer la vente. Sans vendeurs, les salaires des gens « compétents » ne se paient pas longtemps.

  2. Simon Bédard Dit:

    Je ne met pas dans le même panier les habiletés sociales et les compétences de vendeurs. Je dis seulement qu’aujourd’hui il est plus facile de se trouver un emploi lorsqu’on est vendeur. Je ne dénigre pas non plus le fait d’être vendeur, seulement le fait qu’on s’attend parfois un peu trop à ce que les gens le soient dans le cadre de leur fonction. De la même façon, je ne généralise pas mes propos à tous les employeurs, mais il est indéniable que c’est une réalité à laquelle les chercheurs d’emploi sont confrontés. Et oui, un grand nombre de professions, dont la mienne, nécessitent des compétences de vente, et je ne crois pas en être dépourvu.
    ;)

  3. Simon Bédard Dit:

    J’ajouterais même que c’est ce que je demande aux employeurs, de différencier habiletés sociales et compétences de vendeurs.

    De plus, il serait peut-être important que je précise que lorsque je dis « les chercheurs d’emploi », je ne parle pas seulement de moi. Pour écrire ces chroniques, je m’inspire de mes expériences personnelles, bien sûr, mais aussi de celles d’autres chercheurs d’emploi. J’ai l’occasion d’assez bien connaître ce milieu. De même, je ne vise aucunement mes propres employeurs potentiels.

    Mon but est en parti de documenter ma propre démarche, mais aussi et surtout de traiter du sujet de la recherche d’emploi de façon générale pour un large public.

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