Le double pari d’Apple
29 janvier 2008
Déjà deux semaines d’écoulées. Je voulais bien prendre le pouls des experts comme de la population en général concernant cette nouvelle avant de me fixer. Apple a misé gros. Encore une fois, l’équipe de Steve Jobs est allé au-delà de la tendance, pour ne pas dire qu’elle crée la tendance. Est-ce que le monde est prêt?
Je parle de l’arrivée du MacBook Air, bien sûr. Mais, ce petit appareil, merveille de design et d’ingénierie, n’est pas la révolution en soi. Plusieurs ont d’ailleurs critiqué la faible puissance de la machine. Ce qui est vraiment remarquable, à mon sens, tient à deux décisions bien précises qui expliquent les spécifications de cet ordinateur portable ultra-mince: le tout-branché et le tout-sans-fil.
Ainsi, le plus grand progrès se trouve dans l’absence de certaines caractéristiques. Si on pousse l’analyse, on découvre que cela fait bien du sens.
Devant la fulgurante évolution des applications et des services en ligne, on peut se demander à quoi bon posséder une machine puissante? Nous avons de moins en moins besoin de logiciels sur notre poste de travail car tout est disponible sur Internet.
De même, il est toujours plus facile d’avoir accès à un réseau sans fil, souvent gratuitement. L’Internet ambiant est une réalité de plus en plus présente.
Donc, le MacBook Air n’est que l’aboutissement de la prise de conscience de ces deux phénomènes. Ce qui est fantastique, c’est d’avoir osé retirer des fonctionnalités alors que tous les autres fabriquants essaient d’en rajouter.
Ceci dit, cette machine n’est pas parfaite. Ma principale déception est son prix. Je crois, par contre, que les choix technologiques sont tout à fait adéquats.
Reste à voir si les consommateurs vont suivre. Moi, j’en veux un!
Progrès: technologique ET humain
29 janvier 2008
En tant que défenseur des droits des utilisateurs, je suis constamment partagé entre le vif intérêt que j’éprouve pour les avancées technologiques, communicationnelles et sociales vers lesquelles nous nous dirigeons à toute allure et le possible danger que tout dérape. Notamment, les possibilités du partage de données et du Web ambiant sont à la fois fantastiques et risquées: disparition de la vie privée, dépendance à la technologie, aux données, à certaines organisations…
Ce vidéo d’anticipation, bien qu’un peu alarmiste, illustre de façon intéressante ce futur «possible»:
Bien qu’un peu inquiet, je suis optimiste quant à la capacité de l’être humain de se prendre en mains et à ne pas tomber dans ces pièges. Il n’y a qu’à considérer l’ensemble des mouvements qui apparaissent partout autour du monde afin d’aider son prochain, de surveiller les abus et d’améliorer le monde pour se remonter le moral et reprendre confiance:
Les bancs d’école
28 janvier 2008
Je viens de débuter, cet hiver, un DESS en affaires électroniques à l’Université Laval. Bien qu’ayant quelques années d’expérience, je me disais que ça ne causerait pas de tort d’approfondir mes connaissances. Il ne faut pas le nier, je considère que c’est également une démarche qui vise à acquérir une plus grande reconnaissance professionnelle de la part des employeurs et clients.
Le hic, c’est qu’il faut travailler fichtrement fort pour obtenir ce bout de papier!
Mais j’ai bien l’intention d’en profiter pour m’amuser. Ainsi, je vise de prendre ce que je peux prendre et de donner ce que je peux donner (là, je ne parle pas de l’augmentation des frais de scolarité). C’est ça l’esprit du Web, non: l’échange, l’interactivité, la communauté.
Vous verrez apparaître sur ce blogue des billets rédigés dans le cadre de mon cours sur le e-marketing. Si ça vous intéresse, j’ai créé un fil qui regroupera uniquement ces billets.
Je vous souhaite de joyeuses données privées!
28 janvier 2008
Quoi!? Vous ne le saviez pas!? Aujourd’hui, c’est le Data Privacy Day!
Il y a un an jour pour jour, le Conseil de l’Europe avait organisé la première journée mondiale de la protection des données privées après avoir constaté qu’une grande proportion de la population n’était pas vraiment consciente des dangers auxquels on pouvait facilement s’exposer et de l’utilisation qui était faite de ces données.
Cette année, les États-Unis et le Canada joignent les 27 pays membres du Conseil de l’Europe pour souligner l’importance de se pencher sur ces questions et d’en informer la population. Plusieurs grandes entreprises du Web dont Google (on soigne son image) et Microsoft sont des partenaires de cette journée.
En cette ère du partage de données, il est plus que nécessaire d’être au courant de ses droits et de ses protections en matière de vie privée. Par contre, malgré les possibles dangers à surveiller, les opportunités que nous procurera une plus grande «portabilité» de ces données sont vraiment intéressantes!
Livrel
17 janvier 2008
Depuis plusieurs mois déjà, mon ami Hugo et moi entretenons une discussion des plus intéressantes sur l’impact de la révolution numérique et de la venue de la société de l’information sur les droits d’auteur. Suite à la dégringolade de l’industrie du disque, nous nous sommes penchés sur la possible répétition du phénomène à l’endroit du monde du livre. Avant même la fameuse sortie du Kindle d’Amazon, Hugo était plutôt sceptique quant à une éventuelle adoption d’un quelconque format de livrel (livre électronique) par le grand public. De mon côté, j’y vois une fin inévitable.
Voilà qu’une citation récente de Steve Jobs a relancé notre débat.
Hugo
Monsieur Jobs est encore plus pessimiste que moi quant à l’avenir du livrel:
Today he had a wide range of observations on the industry, including the Amazon Kindle book reader, which he said would go nowhere largely because Americans have stopped reading.
“It doesn’t matter how good or bad the product is, the fact is that people don’t read anymore,” he said. “Forty percent of the people in the U.S. read one book or less last year. The whole conception is flawed at the top because people don’t read anymore.”
http://bits.blogs.nytimes.com/2008/01/15/the-passion-of-steve-jobs/
Ceci dit, je ne suis pas sûr que la statistique dont il se sert soit si pertinente que ça:
- 40% de la population américaine qui a lu un livre ou moins en 2007, est-ce une diminution ou une augmentation? Y a-t-il déjà eu dans l’histoire plus de 60% de lecteurs dans la population au grand complet?
- Quel créneau vise Amazon avec le Kindle? La population au grand complet, ou une minorité éduquée et financièrement à l’aise?
Simon
Et lire, ce n’est pas seulement lire des livres. Que fait-on de la translitteratie?
On lit plus que jamais!
J’aimerais bien savoir ce que Jobs pense du succès d’Amazon. Un soubresaut historique?
Je ne crois pas à la disparition du livre en tant que support car, contrairement à la musique, la naissance de la lecture est directement liée à son support, lequel est ancré dans les mœurs depuis des millénaires. Pas opposition, la musique sur support a une centaine d’années seulement. Cependant, on ne peut plus nier l’indépendance qu’a acquise l’écriture vis-à-vis le papier. La progression du sans-fil, le perfectionnement des interfaces, la prolifération des terminaux mobiles, l’amélioration des écrans va amener inévitablement, mais lentement, les lecteurs à délaisser le papier. Le livre comme objet de plaisir va rester. Mais, le livre comme source d’information est en déclin. Il ne faut pas oublier qu’il ne s’est jamais publié autant de texte qu’en ce moment et qu’une très grande proportion de ces textes ne se retrouvera jamais sur du papier.
Hugo
On est d’accord sur un point: à la limite, ce n’est pas la lecture mais le livre qui recule (ou qui stagne) face à la multiplication des canaux de diffusion d’information.
Je ne suis pas certain pour autant que le recul du papier va être intégral et inéluctable. À mon avis, le papier va demeurer prépondérant pour certaines applications, comme la lecture de textes longs (notamment pour le divertissement). Et puis, peut-être qu’un jour les nouveaux dispositifs d’affichage, comme l’E Ink du Kindle, vont avoir suffisamment maturé et évolué pour constituer une réelle alternative au papier, mais en attendant, la plupart des sites de quotidiens ou de publications spécialisés ajoutent des boutons «imprimer» à leurs articles, ergonomie oblige…
Je ne suis pas certain non plus que le modèle radicalement DRM-isé d’Amazon (et des autres diffuseurs) va demeurer la norme, à long terme. L’un des intérêts du livre, au-delà de sa portabilité, c’est sa partageabilité — caractéristique essentielle au phénomène profondément humain du partage de la connaissance et de l’expérience. Information wants to be free. Sans oublier que la partageabilité est profitable dans la mesure où elle accroît la visibilité des auteurs et des éditeurs (cf. la découverte de nouveaux groupes de musique via le téléchargement).
Et tout ça, c’est sans compter, comme tu le soulignes, le côté «anthopologique», voire folklorique, du livre en tant qu’objet. Si on fabrique encore des 33 tours en vinyle pour les amateurs, on va bien continuer à imprimer des livres pendant quelques décennies aussi… Surtout si les lecteurs «vieille école» (j’allais écrire «luddites») comme moi persistent dans leur refus de la lecture électronique. La qualité de l’expérience de la lecture (au sens UxD du terme) tient bien entendu surtout au texte (ce qui est transmis) mais aussi en partie au livre (le vecteur de transmission). À preuve, on préfère généralement les éditions cartonnées aux éditions de poche, ne serait-ce que pour le poids de l’objet, la qualité de son papier et de sa colle, la souplesse de sa reliure… De la même façon que la plupart des gens préfèrent payer plus cher pour voir un film au cinéma que l’attendre sur DVD (ou même que le télécharger gratos). L’expérience est difficilement remplaçable.
Simon
On est d’accord sur plusieurs points:
- Ce n’est pas la lecture qui recule, mais le livre
- La multiplication des canaux de diffusion et d’information en est une des principales causes
- Ce n’est pas la fin du papier, de par ses aspects culturels et expérientiels
- La technologie qui remplacera le livre au niveau de l’expérience utilisateur n’existe pas encore (le Kindle est à chier!)
- D’importants changements sociaux (par ailleurs inévitables), notamment en lien avec la question des droits d’auteurs et donc de la partageabilité, sont conditionnels au succès du livrel ou de tout autre principe de distribution numérique des livres (foutus DRM!)
Finalement, notre principal point de désaccord est au niveau de la rapidité du phénomène.
Qu’en pensez-vous?
Un grand jour!
8 janvier 2008
Aujourd’hui, les géants Google et Facebook ont annoncé officiellement leur participation au DataPortability Workgroup!
Qu’est-ce que ça veut dire? Eh bien, le DataPortability Workgroup a pour objectif de favoriser le développement et l’adoption de standards ouverts de formats et de protocoles en lien avec les données personnelles, ceci dans le but de faciliter l’échange d’information entre les différents outils où un utilisateur peut partager ces données.
En ce moment, à chaque fois qu’on veut s’inscrire à un service Web, devenir membre d’un réseau social ou ouvrir un compte dans un site Web quelconque, il faut ajouter manuellement toutes les informations personnelles nous concernant. Dans un avenir rapproché, tous ces outils parleront le même langage et pourront échanger ces informations, avec le consentement de l’utilisateur, bien sûr. C’est ce qu’on nomme l’interopérabilité. Il pourrait donc être possible d’importer ses contacts Facebook dans son compte Gmail, par exemple.
Le temps des environnements fermés est donc révolu! Les possibilités qui s’ouvrent à nous sont énormes!
En contrepartie, il sera également plus facile d’accéder à des informations privées. Il faudra donc réfléchir à de nouveaux moyens de protections.
Pour ma part, je crois profondément que la notion même de vie privée est en pleine mutation.


